Trottinette électrique : ce que l’assurance couvre vraiment (et ce qu’elle ne couvre pas)

Trottinette électrique : ce que l'assurance couvre vraiment (et ce qu'elle ne couvre pas)

Avec plus de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France et près de 700 000 unités vendues en 2025, l’engin est devenu un vrai mode de transport du quotidien. Pourtant, beaucoup d’utilisateurs ignorent encore l’étendue exacte de leurs obligations légales, et surtout leurs risques réels en cas d’accident.

Une assurance obligatoire, mais souvent mal comprise

Depuis octobre 2019, les trottinettes électriques sont classées comme EDPM (Engins de Déplacement Personnel Motorisés) et soumises à l’obligation d’assurance en responsabilité civile, au même titre qu’un deux-roues motorisé. Circuler sans couverture expose à des sanctions significatives. Pour mieux comprendre les garanties disponibles et choisir un contrat adapté d’assurance trottinette électrique, il convient de faire le tour des formules proposées sur le marché français.

Bonne nouvelle côté administratif : depuis le 1er avril 2024, la vignette verte n’est plus à coller sur l’engin, et l’attestation papier n’est plus exigée lors d’un contrôle. La preuve d’assurance se vérifie désormais via le Fichier des Véhicules Assurés (FVA). L’obligation d’assurance, elle, reste entière.

Autre idée reçue à corriger : l’assurance habitation ne couvre pas, dans la grande majorité des cas, une trottinette électrique motorisée. Un contrat spécifique EDPM est nécessaire.

Responsabilité civile seule : suffisant légalement, insuffisant en pratique

La RC est le minimum légal. Elle indemnise les dommages causés aux tiers, piétons, cyclistes ou autres véhicules, mais ne prend en charge ni les blessures du conducteur ni les dégâts subis par l’engin. Or les chiffres de l’ONISR sont éloquents : en 2025, 80 personnes sont mortes sur un EDPM en France, soit 35 de plus qu’en 2024, et les blessés graves ont augmenté de 33 %. Les utilisateurs d’EDPM représentent par ailleurs 36 % des blessés susceptibles de conserver des séquelles un an après un accident.

Face à ce contexte, les garanties optionnelles prennent tout leur sens. La protection corporelle du conducteur couvre les frais médicaux et une indemnisation en cas de blessures. La garantie vol protège contre la perte de l’engin. La garantie casse prend en charge les dégâts matériels subis lors d’une chute ou d’un accident. Le coût reste accessible : une RC seule tourne autour de 3 à 5 euros par mois, une formule complète (RC, vol, casse, protection corporelle) entre 15 et 25 euros mensuels.

Comment choisir sa formule ?

Le niveau de couverture pertinent dépend principalement de l’usage. Une utilisation quotidienne en milieu urbain, là où la densité de circulation augmente les risques, justifie davantage d’options qu’un usage occasionnel en zone périphérique. La valeur de la trottinette entre aussi en compte : assurer un engin à 800 euros contre le vol avec une formule à 5 euros par mois n’a pas le même sens qu’une couverture minimale sur un modèle d’entrée de gamme.

Les devis en ligne permettent de comparer rapidement les offres selon le profil et les besoins. Quel que soit le contrat choisi, vérifier que la protection corporelle du conducteur y figure reste la précaution la plus utile, compte tenu de la sinistralité en forte hausse sur ce segment.