Facebok memorial et au-delà : la place du mort sur Internet
Publié par Ulysse H le 2009-10-28 13:06:39 dans Web Social
Facebook vient d'annoncer qu'il était maintenant possible de "mémorialiser" certaines pages d'amis.
La sanctuarisation d'un profil peut être demandée par les proches, en cas de décès, via un formulaire.
Il est nécessaire de fournir une preuve officielle de décès (avis de décès par exemple). Étonnamment, la preuve est censée tenir dans un simple champ.
Cette nouvelle fonctionnalité répond à un réel besoin : de nombreux membres Facebook se sont plaint de recevoir des updates concernant des proches décédés, attisant ainsi la douleur du deuil.
Le but de Facebook, depuis le début, est de modéliser en virtuel les relations entre les gens, "mais comment faire avec les relations qui ne peuvent plus se logger ?" demande Max Kelly , sur le blog de Facebook. "Quand quelqu'un nous quitte, il ne quitte pas nos souvenirs ni notre réseau social. Pour refléter cette réalité, nous avons développé l'idée de profil "sanctuarisé", où les gens peuvent partager leurs souvenirs sur les disparus."
La sanctuarisation d'un profil permet de le conserver intacte dans son réseau social, mais le déconnecte des fonctions de mise à jour et de suggestions.
De plus, les paramètres de confidentialité du profil transformé en mémorial sont modifiés, de telle sorte que seuls les amis confirmés puissent y accéder.
Ceux-ci pourront continuer de poster des messages sur le mur.
L'arrivée de Facebook memorial est symptomatique d'une problématique inédite : que fait Internet de la mort des internautes ?
Par exemple, le fait de mémorialiser un profil implique que les données confidentielles du disparu restent sur la plateforme, même après son décès.
D'une façon générale, le Web ne fait pas de différence de traitement entre les morts et les vivants. On ne redevient pas poussière sur Internet, jamais.
Facebook ne dit rien quant au degré de sérieux des procédures de vérification, quand est rempli un formulaire de sanctuarisation. Si ces procédures s'avéraient insuffisantes, nous verrions de nombreuses mauvaises blagues fleurir. On peut ainsi imaginer des cyber-meurtres, équivalent du google-bombing.
Les problèmes posés par l'arrivée de la mort sur Internet ne sont bien sûr pas spécifiques à Facebook.
Dans le cadre de mon travail, j'ai récemment reçu une plainte des parents du petit Timéo, tout jeune garçon, qui a été mortellement fauché par une voiture.
Quelqu'un a mis en place un blog pirate, à la mémoire de Timéo, sur lequel il est possible d'effectuer des donations. Ce bloggeur fait donc de l'argent sur un drame humainn cyniquement, toute honte bue. En cachant le blog derrière un proxy, il devient difficile de remonter à la source.
En plus de notre e-reputation, il va donc falloir apprendre à gérer nos cyber-deuils.
Tags de l'article : Résaux sociaux e-reputation
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