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L'informatique dans le nuage est-elle écolo ?
Publié par La Rédaction le 2009-09-25 16:40:51 dans Perspective
L'informatique écologique ?
Un récent article sur "l'informatique dans le nuage" et ses effets bénéfiques sur la santé de la planète nous a fait réfléchir.
Petit rappel : l'informatique dans le nuage (ou "Cloud Computing"), c'est le fait d'utiliser des logiciels (ou de la puissance de calcul) délocalisée sur des serveurs externes.
Par exemple, produire des documents textes ou des fiches de calcul grâce à Google Doc, c'est utiliser l'informatique dans le nuage.
Ecouter de la musique en streaming, c'est aussi faire appel au nuage.
Evidemment, l'informatique dans le nuage pose de sérieuses questions touchant à la sécurité et à la confidentialité, ainsi qu'aux droits d'auteurs.
Par contre, elle semble donner jour à de grands espoirs écologiques, très "développement durable". Jonathan Koomey, expert en économie d'énergie et professeur honoraire à l'Université de Yale, affirmait récemment dans la revue du MIT qu' "en termes d'économies brutes, les bénéfices de l'informatique dans le nuage sont très convaincants".
De nombreux experts font remarquer que le fait de dématérialiser logiciels ou des produits et de les loger dans le nuage permet de réaliser de substantielles économies.
Ainsi le téléchargement d'un CD est de 40% à 80% plus économe qu'acquérir le produit CD concret (la différence tient à l'énergie consommée pour la fabrication et le transport du disque).
"Déplacer des bits sera toujours moins couteux en énergie que déplacer des atomes" affirme Jonathan Koomey.
Mais qu'en est-il des data-centers, ces immenses fermes de serveurs utilisés pour traiter les données et les requêtes des internautes ?
Et bien, on progresse, souvent en employant les bonnes vieilles techniques du passé.
Ainsi, Yahoo a récemment installé un data-center qui consommera le quart des anciens data-centers. Une fois fini, les serveurs qui le constituent seront plus efficaces, d'un point de vue computationnel : ils effectueront plus de calculs, avec moins d'énergie, tandis que le bâtiment qui les héberge exploitera les courants d'air naturel pour rafraîchir les serveurs.
Incidemment, sachez que le même concept avait présidé à la construction des grands greniers à grain de Paris, au XIX eme siècle.
Chez Yahoo, l'air conditioné sera activé uniquement quand la température dépasse les 27°C, environ 212 heures par an.
Cela suffira-t-il ?
Ll'explosion des technologies de l'information s'est accompagnée d'une croissance vertigineuse de la consommation d'énergie.
La consommation d'énergie des data-centers a doublé entre 2000 et 2005.
La consommation d'énergie liée à l'informatique a dépassé, en 2008, la consommation d'énergie liée au transport aérien.
On se souvient de cette étude, publiée par Nicholas Carr, connu pour ses prophéties provocatrices ("Google nous rend-il idiot?"), argant qu'un avatar Second Life consomme autant d'électricité qu'un Brésilien moyen.
Début 2009, une étude scientifique avait fait grand bruit en évaluant à 7g de CO2 le poids des émissions toxiques générées par une requête sur Google.
Google avait immédiatement réagi en publiant une estimation beaucoup plus basse, et en précisant que l'ordinateur consommait beaucoup plus d'énergie dans les 0,2 secondes nécessaires à l'affichage de la page générée par Google, que Google pour effectuer la recherche dans ce même laps de temps.
La dépense d'énergie reste cependant énorme, quand on la multiplie par le nombres d'ordinateurs et de smartphones actuellement existants.
Comme ce parc d'appareils est destiné à croître, on peut nourrir de sérieuses craintes quant à la capacité des nouvelles technologies à réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Mais un autre article, trouvé dans la revue du MIT, rend compte d'une startup, 80legs qui propose justement de placer dans le nuage des... robots de recherche, tels que ceux utilisés par Google pour indexer vos pages Web. La puissance de calcul nécessaire à l'indexage serait fournie par des machines en mode veille, éparpillées un peu partout.
Cependant, la startup est encore en phase de tests, et tout dépendra de la souplesse du système.
En attendant donc, un bon conseil, trouvé sur Miwim: pour aider la planète : écrivez les URL dans la barre d'URL plutôt que dans la barre de recherche de Google.
Ecrit par Yohann Mathieu
Tags de l'article : Cloud Computing développement durable SaaS MIT Second Life Google
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