|
|
| Accueil |
|
| Autres Liens |
|
| Partenaires |
|
| Annonces Publicitaires |
|
|
|
|
Financer l'information en ligne : un modèle économique intéressant
Publié par Ulysse H le 2009-11-03 18:12:51 dans eBusiness
Agora Vox est dans le rouge, financièrement.
Pour rappel, Agora Vox se présente comme un média citoyen, sur lequel n'importe quel internaute peut poster un article, sur un sujet de société.
Les membres ont reçu hier un email, les invitant à faire des dons, au bénéfice du site (qui est devenu fondation en 2008).
En effet, les recettes publicitaires ne permettent plus de financer l'activité.
Le problème est le même chez Rue89, LePost, Backchich, Médiapart, Arrêt sur Image ou Slate.
Il est le même pour les vénérables institutions de la presse : les grands quotidiens ne parviennent plus à joindre les deux bouts, et licencient à tours de bras.
Il est clair que l'industrie des informations doit se renouveler, le modèle publicitaire ayant largement fait la preuve de son insuffisance.
Mais l'appel à donations lancé par AgoraVox, sorte de cri de désespoir, ne porte pas à croire que la donation puisse se révéler le sauveur de l'industrie de l'information.
Par contre, Rue89 travaille actuellement à une plateforme sociale de don, idée qui me paraît infiniment plus intéressante.
Petite présentation.
Ce projet reprend en fait d'une société californienne, Kachingle.
Kachingle affirme qu'une bonne source de financement pour les sites d'infos seraient la donation par micro-paiement (< 5€).
Mais le micro-paiement a ses mauvais côtés : il entraîne un "coût de transaction mentale" .
C'est-à-dire que l'utilisateur se demande si le contenu pour lequel il pourrait payer vaut vraiment le coup qu'il sorte sa carte de crédit. Et si oui, pour combien. Mine de rien, c'est de l'énergie mentale, et l'utilisateur choisira le plus souvent de ne pas payer du tout, non pas à cause du prix (indolore, puisque micro-paiment) mais pour économiser son énergie mentale.
L'idée de Kachingle est donc d'abaisser ce coût d'énergie mentale.
Pour ce faire, il suffirait de s'appuyer sur les bons paramètres, tels qu' illustrés par la présentation en ligne sur leur blog.
En gros :
- mettre l'utilisateur au centre
- abaisser le coût de transaction mentale
- utiliser les réseaux sociaux
- faire preuve de transparence
- être amusant pour l'utilisateur
Concrètement, l'utilisateur paie un montant qu'il choisit lui-même. Il peut alors tagger les articles/billets qui lui plaisent, au hasard de sa navigation.
Un système de tracking garde la trace de ses votes, et répartit le produit de sa donation conformément à ses votes : les sites qu'il consulte le plus gagnent plus que ceux qu'ils consultent le moins.
Et le plus important : le donateur peut afficher sur son réseau social qu'il est donateur pour tel ou tel site.
Le système permet d'ailleurs de le notifier automatiquement sur Twitter, Facebook et autres MySpace.
Le coup de génie de Kachingle, c'est d'opérer un changement de paradigme : on ne paie plus pour l'information, mais pour la reconnaissance sociale que sa consommation nous apporte.
Dans le civil, je travaille pour une solution de micro-paiement leader sur son marché. L'expérience démontre amplement que l'auto-promotion est une source de paiement extrêmement fertile :les internautes sont effectivement prêt à payer, parfois beaucoup, pour se mettre en avant. La compétition au nombre d'amis Facebook, et la chasse aux followers/listes sur Twitter ressortent d'ailleurs du même principe.
Le système mis en place par Kachingle semble encore un peu compliqué, et on peut douter que son modèle, appliqué tel quel, s'avère efficace.
Mais l'idée de base est très inspirante.
En passant du ""coût de transaction mentale" à la "rétribution mentale", le micro-paiement social pourrait se révéler être un modèle pertinent pour la presse en ligne.
Ecrit par Yohann Mathieu
Tags de l'article : presse AgoraVox Rue89 micropaiement médias sociaux
|
|
|
|
|
|
|
|